Héritière de la nuit

L’héritière de la nuit, c’est elle. Parfois morose, parfois grisée, heureuse d’elle-même, aimante et aimée, l’héritière de la nuit est. Un point, c’est tout.

Enfin non, elle est plus que ca; elle est belle, radieuse, gracieuse, dangereuse, menaçante, sournoise et sans cesse grandissante. Découvrant, dans la noirceur ce qu’elle est vraiment.

L’héritière de la nuit m’a envahie, elle s’est battue dans les rues et a jeté son contenu sur la table; rouge à lèvre posé, yeux bien maquillés, elle est belle, émancipée et épanouie.

Elle m’emmena danser avec elle et au milieu de la nuit son charme atteignait son paroxysme. Tout les passants, hommes, femmes la regardaient, l’admiraient, la craignaient et je ne pus résister à l’idée de l’épouser, la prendre dans mes bras et m’émanciper comme elle.



Point d’interrogation

En ce gris matin, je me suis réveillé seul, pensant à l’homme rencontré la veille, dans un contexte purement sexuel, il faut que je le mentionne.

Eh oui, mes pulsions étaient très fortes, en mode chasse cro-magnonesque j’étais et il tomba sur mon chemin cet homme; ce bel homme! Physiquement et psychiquement (de ce qu’il m’a montré): wow. Il m’apparu comme complet, tout simplement. Une entité purement fonctionnelle, mature, sans être à la recherche de quelqu’un pour combler une carence quelconque mais plus par choix, pleinement conscient de sa personne.

Oui, c’est ce que j’ai ressenti lorsque je l’ai vu. Je n’y peux rien, ces choses que je ressens sont plus fortes que moi et rares sont les hommes qui me les font ressentir…

Afin de jeter de l’huile sur le feu, nous avons découverts des liens étroits assez hasardeux. La passion était clairement au rendez-vous.

Mon être complet rêvait d’une telle rencontre: dans un contexte romantique. Elle m’est tombée dessus dans un contexte sexuel. Il est clair que ca complique les choses pour la suite. Les cartes sont floues…

En ce gris matin, je me réveille sachant que j’aimerai énormément connaitre plus cet homme, le revoir, l’embrasser, écouter ses histoires, lui raconter les miennes, autour d’un bon diner et une bouteille de vin; je l’avais donc quitté en cette chaude nuit, lui laissant la porte grande ouverte. Entrera-t-il?



Sexuel, à ma manière!

J’aimerai tellement corriger et le remodeler certains aspects du monde gai. Y garder les belles choses et jeter aux poubelles les côtés qui me dégoutent – côtés qui sont un héritage d’une époque révolue où il fallait se cacher pour être gai.

Le sexe facile, par exemple, est maintenu au niveau du sexe seulement l’acte cru dénudé de tout sentiment du cœur ou de la tête. Ceci ne me convient pas, non par snobisme ou carences quelconques mais vraiment parce que le sexe sans un minimum de passion est désuet, à mes yeux, ceci équivaut à une masturbation un peu plus poussée. Je vis avec ma tête, mon cœur et mon sexe et non seulement ma tête, mon cœur ou mon sexe.

Mes instincts primaires me disent que dans un monde gai, ghettoïsé où seul le sexe existe, un homme n’avait d’autre choix que de vivre son homosexualité dans l’instinct le plus primaire de son être: l’acte cru. Vouloir plus était impossible car le risque d’être découvert coutait très cher. Ceci n’est qu’un héritage d’un triste passé, imbibé dans la culture collective.

J’aime sortir, parler à un homme, rire avec lui, connaitre sa personne, prendre une bière avec lui sur une terrasse, le courtiser, me faire courtiser, l’embrasser peut-être. Penser à lui toute une nuit, voir quelques jours et ensuite le revoir avec un brin d’optimisme et d’excitation réelle et continuer ainsi jusqu’au moment où la passion devient incontrôlable et l’inévitable survient. Je vous laisse deviner la suite…

Le sexe ainsi devient plus exigeant et difficile à atteindre (car il faut trouver un homme qui veulent sortir, soit bien dans sa peau, soit célibataire, etc.) mais en vaut la peine…



Que reste-t-il de la honte?

La honte, est ce que je fus appelé et ce que je suis aux yeux de grand nombre de mes concitoyens libanais (et je parle bien de la majorité et je sais qu’une minorité m’aime).

L’héritier de la honte pour mes parents en premier lieu, puis pour ma famille, ainsi que mon église, ma nation, ma terre mais pas pour moi. Ma personne n’a plus honte car elle ne fait qu’exister mais ca, ils ne veulent pas le comprendre.

Que reste-t-il de la honte?

Il reste simplement que j’existerai difficilement au Liban. Après avoir vécu si librement dans cette terre d’accueil qui m’aime et m’accepte tel que je suis, je ne pourrai plus jamais me cacher.

C’est donc ce qui reste de la honte, mon exil.

J’habiterai en Occident pour bien longtemps encore, je le sais, mais certains soirs, il m’arrive de pleurer car mon pays me manque affreusement et mon cœur, ainsi déchiré entre deux, ressens bien souvent une honte face à ce pays que j’aime tant.



Anges noirs

Les anges noirs se déchainent dans le ciel en cette nuit de printemps et regardent cette terre du haut de leurs nuages, lançant des éclairs et criant des tonnerres.

Des pulsions quasi incontrôlables s’éveillent en moi et j’aurais aimé t’avoir avec moi ce soir, dans mes bras. Regarder tes beaux yeux bridés, ta peau douce et ton odeur qui me rend fou à chaque fois que je te vois.

Tu ne liras probablement jamais ces mots et pourtant, je veux te les dire. Les anges noirs me poussent vers toi ce soir. Mon corps, mon âme, mon sexe, ma peau, ta peau et nos yeux qui se regardent pendant que ces anges noirs crient, se déchainent et claquent sur ma fenêtre la pluie me rappelant, un peu comme une torture que ce n’est qu’un rêve car tu n’es pas là et ne viendra pas ce soir…



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